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Ce que le football révèle de notre besoin d’appartenir

Le match n’a pas encore commencé. Dans les tribunes, des dizaines de milliers de personnes chantent déjà. Certaines ont traversé des continents pour être là. D’autres ne se connaissent pas et ne se reverront jamais. Pourtant, pendant quelques minutes, elles semblent former une seule voix. Les mêmes couleurs. Les mêmes gestes. Les mêmes espoirs. Puis vient l’hymne national. Et soudain, quelque chose se passe. Des hommes et des femmes que tout sépare dans la vie quotidienne se mettent à chanter ensemble. Certains ferment les yeux. D’autres ont les larmes aux yeux. À cet instant précis, personne ne pense vraiment au classement FIFA ou aux statistiques des joueurs. Ce qui est vécu est plus profond. Le besoin d’appartenance.

La Coupe du monde est sans doute l’un des rares événements capables de créer encore ce type d’expérience collective à l’échelle de la planète. Dans un monde où chacun vit souvent derrière son écran, où les parcours sont de plus en plus individualisés, où les liens semblent parfois fragiles, nous éprouvons un besoin immense de faire partie d’une histoire plus grande que nous-mêmes. Nous voulons appartenir à une famille, une ville, une culture, une communauté, une cause. Nous voulons pouvoir dire « nous ». Le football nous offre ce langage.

Pendant quelques semaines, des millions de personnes cessent de parler seulement d’elles-mêmes. Elles se découvrent membres d’un collectif. Elles vibrent pour quelque chose qui les dépasse. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles le sport suscite autant de passion. Il ne répond pas seulement à notre besoin de divertissement. Il répond à notre besoin d’appartenance.

Le besoin d’appartenance, une soif universelle

Ce besoin est profondément humain. Dès l’enfance, nous cherchons notre place. Nous voulons être reconnus, accueillis, intégrés. L’exclusion nous blesse. Le rejet nous marque parfois pendant des années. À l’inverse, être attendu quelque part, être connu par son nom, savoir que l’on compte pour quelqu’un produit une force extraordinaire. La solitude est souvent moins douloureuse parce que l’on est seul que parce que l’on a l’impression de n’appartenir à personne. Or notre époque produit un étrange paradoxe. Nous sommes plus connectés que jamais. Et pourtant, beaucoup se sentent seuls. Nous avons accès à des centaines de contacts, mais parfois peu de relations profondes. Nous pouvons rejoindre des communautés virtuelles du monde entier, mais sans toujours trouver un lieu où être véritablement connus.

Alors nous continuons à chercher. Parfois dans le sport. Parfois dans la politique. Parfois dans le travail. Parfois dans les réseaux sociaux. Partout où il devient possible de répondre à cette question fondamentale : « Où est ma place ? »

Ce que la Bible dit de notre besoin d’appartenance

La Bible commence par une affirmation étonnamment simple : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. » Ces mots apparaissent dès les premières pages de la Genèse. Bien avant de parler de morale ou de religion, la Bible parle de relation. L’être humain n’a pas été conçu pour vivre isolé. Il a été créé pour aimer, être aimé, donner et recevoir.

Le christianisme va même plus loin. Il affirme que notre désir d’appartenance ne trouve pas seulement sa source dans notre besoin des autres, mais aussi dans notre besoin de Dieu. Comme si nous portions en nous la mémoire d’une relation perdue et le désir d’une maison que nous cherchons encore. Cette idée traverse toute la Bible. Dieu ne cherche pas seulement des croyants. Il appelle un peuple. Jésus ne rassemble pas seulement des individus. Il forme une famille. L’Église elle-même est décrite comme un corps dont chaque membre a sa place. Personne n’est supposé vivre seul.

C’est peut-être pour cela que certaines paroles de Jésus continuent de toucher tant de personnes.

Il ne dit pas : « Venez rejoindre une élite. » Il dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous ai appelés amis. » Il ne propose pas seulement une croyance. Il propose une appartenance. La possibilité d’être connu, accueilli et aimé avant même d’avoir prouvé sa valeur.

Lorsque la Coupe du monde se terminera, les chants finiront par s’arrêter. Les drapeaux seront rangés. Les stades se videront. Mais le besoin qui nous a fait chanter ensemble, lui, restera. Le besoin d’avoir une place. Le besoin d’être relié. Le besoin de faire partie de quelque chose de plus grand que soi. Peut-être que ce désir n’est pas une faiblesse. Peut-être est-il l’un des indices les plus profonds de ce qui fait notre humanité. Et peut-être aussi l’un des signes que nous avons été créés non pour l’isolement, mais pour la communion : avec les autres, et ultimement avec Dieu.

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